Une Compagnon de lutte et un Coming Saout

Petit à petit, l’oiseau fait son nid et les représentants de patients font le lit… non pas d’hôpital… mais de l’amélioration de la qualité de vie des malades et des usagers du système de santé en général.

Cette quête du graal du patient codécideur et co-constructeur du système de santé avance, notamment, grâce à quelques personnalités au caractère bien trempé qui ont réussi à s’imposer dans les plus hautes instances. Des exemples à multiplier.

Aujourd’hui, je voudrais mettre en exergue… mais pas sur un pied d’estale… parce que de toute façon cela ne s’écrit pas en trois mots… bref donner deux exemples de défenseurs des patients qui ont l’oreille des autorités sanitaires.

Claire Compagnon, ça l’IGAS…

Claire Compagnon
Claire Compagnon Photo Facebook

Honneur aux dames et à une Compagnon de route de la cause des malades, c’est claire. Elle vient d’être nommée Inspectrice Générale des Affaires Sociales, IGAS pour les intimes. Et alors me direz-vous : En fait, qu’est-ce que c’est t’y donc que c’t’affaire-là ? Il s’agit d’un établissement public à caractère administratif. En gros, ça veut dire qu’il travaille pour l’état mais qu’il a une autonomie pour travailler.

Concrètement, l’IGAS* assure « le contrôle et l’évaluation de la mise en œuvre des politiques publiques de la sécurité sociale et de la prévoyance sociale, de la protection sanitaire et sociale, du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle »… Respirez ! Comment ça, ce n’est pas concret ? Elle contrôle aussi les associations faisant appel à la générosité du public… comme les associations de patients pour éviter que certains aient envie de cros’ marrer avec l’argent qui n’est pas à eux.

Bref, excusez-moi pour cet aparté… tiens, je vais me reprendre un café… Me revoilà… On ne connaît sa mission clairement… La vérité est qu’on espère qu’elle aura les mains libres pour assurer ce contrôle et cette évaluation des politiques publiques dans la santé au bénéfice des malades et des usagers ; dans la lignée de son rapport « Pour l’An II de la Démocratie Sanitaire ». On ne peut donc que se réjouir qu’une représentante des malades entre dans ce corps d’état.

A propos d’état… généreux ou pas, pour mémoire, Claire Compagnon a, entre autres faits d’arme, organisé les 1ers Etats-Généraux des malades atteints de cancer de 1998 qui ont marqué l’histoire dans le prise de parole, et donc d’un début de pouvoir, des malades. Claire a pris ses fonctions le 2 avril. Ouf, à un jour près, on n’y aurait pas cru.

Une mission pas impossible

La même Marisol Touraine, ministre de la Santé, a confié… même si ce n’est pas un secret… cette semaine une mission à Christian Saout dans le cadre de la fameuse loi de santé qui se fait Désirer Oh Désirée, Dans le cœur t’as le spleen de ta génération, Tu portes bien ton nom. Comme chantait celui qui aimait Bécauder…

Christian Saout
Christian Saout
Photo Le Ciss

Sa mission, et il l’a acceptée, est de préparer un cahier des charges dans le cadre de l’article 22 de la loi qui prévoit d’expérimenter des dispositifs d’accompagnement des patients pour les aider à s’orienter dans le système de soins, en développant l’information et l’apprentissage dans cette dynamique d’Empowerment dont j’ai déjà parlé dans ces colonnes. Bref, il s’agit d’aider les malades à s’aider… sans céder.

Christian Saout a lui un bon CV de défenseur de droit des patients et des usagers. Je ne citerai que son passage d’une dizaine d’année à la présidence de AIDES et son action au sein du CISS dont il est au jour d’aujourd’hui actuellement et présentement secrétaire général. Il ne s’agit pas ici à proprement parler d’un coming Saout. Christian, tout comme Claire, murmure à l’oreille des ministres depuis un moment. Espérons que cette mission ne va pas s’autodétruire… Ta ta tatata ta tatata…

* L’IGAS nous a écrit pour nous apporter quelques précisons sur son statut et ses missions :

« L’IGAS n’est pas un EPA et n’a pas d’autonomie administrative (c’est un service administratif, placé sous l’autorité des ministres chargés du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle, de la santé, de la sécurité sociale, de l’action sociale et de la famille. L’autonomie de l’IGAS repose sur le statut du corps défini par le décret n° 2011-931 du 1er août 2011 portant statut particulier du corps de l’inspection générale des affaires sociales qui prévoit que les « missions sont diligentées à la demande des ministres chargés des affaires sociales ou effectuées en application du programme d’activité de l’inspection générale des affaires sociales ». Ce statut protège par ailleurs l’indépendance des inspecteurs qui signent individuellement leurs rapports. »

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L’appel à témoignage de Cancer Contribution est toujours en ligne et accessible ICI !

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